dimanche 30 mars 2008

Quatrième dimension

Vendredi 21 mars, soirée extra-ordinaire. Je me fais une pièce de théâtre avec une copine. Je ne sors plus très souvent depuis que j'ai des enfants, et encore moins au théâtre. Alors là, j'étais aux anges.

Un concours de circonstances fait que nous choisissons d'aller voir la pièce Des anges mineurs de la Cie Haut et Court. Je connais la compagnie, pas la pièce, mais j'adore découvrir de nouvelles choses donc je n'avais aucun a priori.

Eh ben, j'aurais mieux fait d'en avoir... Des anges mineurs est une pièce adaptée d'un roman de Volodine. Voici le résumé du livre, trouvé, a posteriori (!) sur Amazon :

"Longtemps après la fin de la civilisation, de très vieilles femmes jugent leur petit-fils : elles l'ont autrefois créé avec des chiffons et des formules magiques, et il les a trahies. Autour d'elles, le monde humain va bientôt disparaître. Dans des yourtes ou des immeubles délabrés, les dernières voix se font entendre.
Musiciens, écrivains, vagabonds et chamanes sont les acteurs hallucinés de cette décomposition. Même quand ils ont perdu espoir, ils continuent à concevoir pour eux-mêmes des fictions poétiques et amoureuses, ou à pratiquer un féroce humour noir.
Un livre qui dit la fin du monde de façon jubilatoire, envoûtante, sensuelle, délirante. "

Bien, bien.

Le truc bien particulier, c'est que la Compagnie a choisi de faire cette adaptation en 3 actes, et là, nous n'avons vu que le premier... Résumé du premier :

"Dans l'acte 1, quelques grands-mères pluri-centenaires nostalgiques du paradis égalitariste perdu, sont enfermées dans un hospice expérimental. Irréductibles, elles décident de donner vie, grâce à leurs prières chamaniques, à une poupée de chiffon. Baptisé Will Scheidmann, cette poupée devenue homme se voit confier une mission : rétablir la société des justes".

Nous voilà parties pendant 1h30 dans un délire pseudo-poétique, où l'on passe d'un personnage à l'autre sans transition (combien de personnages? au moins 5, mais je n'ai pas tout suivi, j'ai dû en louper, je précise qu'il n'y avait que 3 comédiens sur scène), où se succèdent des monologues monocordes le tout sur des projections vidéos et accompagné de "musique" ? oui, je crois bien que c'était de la musique.

Ennuyeux à mourir!! De l'art contemporain, en somme. Ou de l'art "content pour rien", comme le dit si bien Gad Elmaleh.

Pour l'acte 2, bien penser à fumer la moquette avant!!


dimanche 23 mars 2008

Je fais du R.A.P.

(haha! je vous ai bien eus!)



R.A.P. : Rapport d'Activité Professionnelle. Je veux gagner plus de sous et faire un boulot plus intéressant : c'est une des solutions qui s'offrent à moi (au départ, j'avais bien pensé à épouser un vieux riche et devenir une femme entretenue, mais, je ne sais pas pourquoi, je fais un blocage - avec le "vieux", hein, pas avec le "riche").

Revenons donc à nos moutons : le Rapport d'Activité Professionnelle! En quoi consiste l'exercice? Eh bien, je dois, en l'espace de deux pages dactylographiées, faire un résumé de ma carrière professionnelle en collant un maximum à l'emploi-type auquel je postule. Le document est alors soumis à un jury, lequel, quand il a fini de lire mon R.A.P, est supposé s'exclamer :

-" Mais c'est elle qu'il nous faut! Rien qu'elle!"
ou
- "The best among the best!"
ou encore
- Ahhh, elle est vraiment trop bonne, dans son domaine!"
ou enfin
- "Mais bon sang, mais c'est pas possible, comment on a fait pour passer à côté d'une gonzesse pareille pendant tant d'années????"


Autant vous dire que la tâche est rude... Déjà, il faut que j'arrive à mettre en adéquation ma formation initiale (que je ne mets pas du tout en pratique sur le terrain) avec les compétences acquises, justement, sur le terrain (et pour lesquelles je n'ai pas été formée...) Il faut dire aussi que je fais partie de ces BAC+4 qui se sont retrouvés comme des cons avec leur diplôme sous le bras, en sortant de la fac... Me voilà donc, à bientôt 32 ans, après 8 ans de carrière, à me vendre comme une gamine dans mon R.A.P, "moi m'sieur, moi, moi, c'est moi la meilleure!" Ah la la, c'est pathétique... Mais il faut ce qu'il faut : jeudi 27 mars, je serai en formation et je dois rendre une ébauche de mon Rapport d'Activité Professionnelle...
......
.......
..........
Arggggggggggg, je n'en peux plus de ce R.A.P!! Je n'ai encore rien fait! Mon fils est malade depuis une semaine! Je n'arrive pas à dégager du temps pour travailler! Je vais être obligée de le finir la veille, mercredi 26 mars... Au soir! Et je ne saurai même pas qui va aller à Baltard !! Vie de merde!


Bon, j'y retourne.


Edit du 26 mars, 20:31 : faut-il être une sacrée midinette pour faire ce que j'ai fait... Les enfants sont couchés depuis 19:56, je viens de m'envoyer une assiette de pâtes et... j'ai fini mon rapport hier soir! Et il est trop bien! Yeah, à moi Matthieu Sinclair! Merci, Amazone, pour tes encouragements!





vendredi 21 mars 2008

Les neurones en action

Fin de la trêve hivernale ! Après un mois de pause cérébrale (voir ici), j’ai pu reconstituer un peu ma matière grise et zou, c’est reparti ! Pas comme en 40, mais presque. J’ai besoin de nourrir mon esprit, de lui donner quelque chose à se mettre sous la dent, sinon, ça rouille, ça grippe !

Alors, je lis, je regarde la télévision, ou des films, je feuillette les encyclopédies, je fais des mots fléchés aux toilettes (eh oui, même là…), j’écris… Dans tout ça, je ne sais pas où je trouve le temps de respirer ! Mais pour le moment, ça me convient.

Voilà. Attendez-vous à lire pas mal de trucs les prochains jours ! (mais pas que des choses intelligentes, par-contre, hein).





mardi 18 mars 2008

Playlist spéciale Nordeste du Brésil!

Allez hop, on monte au nord-est de Salvador de Bahia, et nous voici arrivés dans l'Etat du Pernambuco!

Incontestablement, cette playlist est ma préférée! Elle est tellement riche en styles musicaux! Et puis, je crois qu'elle me ressemble beaucoup, tout simplement.

En vrac, vous y trouverez du frevo (fanfares), du côco (le morceau de Bongar), du maracatu (c'est mon coup de coeur 2008, écoutez Somos de agua fria, je ne me souviens plus du nom du groupe, mais il vient de New-York, la fusion est impressionnante, on se croirait par moments en Irlande, voire à Londres!), du forro, du baiao et enfin Lenine, un musicien que j'adore!

Je vous invite également à visiter le site d'Orquestra do Fuba : ce sont de jeunes Brésiliens installés à Paris et qui m'ont faite vibrer en juin 2005. Quelle patate!

Ici s'achève mon tour musical du Brésil, difficile de couvrir toute la musique de ce pays à échelle continentale!

J'y reviendrai certainement, mais j'ai envie, pour ma prochaine playlist, de m'évader vers d'autres pays...




mercredi 12 mars 2008

Chagrin d'école



Il y a quelques jours, une de mes collègues m'a prêté le dernier Pennac. J'en avais entendu parler (il a gagné le prix Renaudot 2007), mais j'ignorais complètement le propos du livre. D'ailleurs, je m'attendais à lire un roman, je me réjouissais d'avance à l'idée de retrouver Malaussène!

Mais je me fourvoyais! Chagrin d'Ecole est une autobiographie, dans laquelle Pennac nous raconte comment le cancre qu'il était à l'école est devenu professeur et écrivain.

Pennac aura toujours ses détracteurs. Et le propos semble parfois un poil démagogique.

Il n'empêche que j'ai passé un très agréable moment. Le style est fluide, léger et gai. Et puis, j'adore les autobiographies, me plonger dans la vie des gens célèbres et aller trifouiller avec eux dans leur histoire, comprendre comment ils sont passés de l'ombre à la lumière! Mais surtout, surtout, avec Chagrin d'Ecole, on a envie d'y croire avec Pennac. Qu'être un cancre n'est pas une fatalité, que les bonnes rencontres au bon moment peuvent toujours permettre de repêcher un gamin en détresse scolaire. Que tous les enseignants ne sont pas blasés et ne pensent pas qu'aux vacances, que certains ont encore la vocation. Qu'il suffit peut-être d'adapter leur formation au monde moderne, leur apprendre à affronter une classe d'enfants rois, à s'adapter et à en tirer le meilleur. Que les élèves sont à l'école pour apprendre, et qu'il est donc normal de ne pas baisser les bras quand l'un d'entre eux traîne la patte et ne sait pas par où rentrer dans le système...

Certes, l'Ecole est en crise, mais il faudrait peut-être que chacun arrête de rejeter la faute sur l'autre et qu'on se remonte tous les manches! Bon sang de bonsoir!

mardi 11 mars 2008

Olodum!!


Allez, un petit billet sur Olodum avant de changer ma playlist! J'ai beaucoup pensé à cet article, à ce que j'allais pouvoir raconter. Au départ, je voulais faire un petit topo bien pédagogique, mais finalement ce sera plus subjectif!!

Olodum et moi, ça a commencé dans une Supercinq, celle de ma copine qui m'emmenait souvent à la fac le matin. On ne craignait pas les embouteillages! On glissait une cassette d'Olodum dans l'autoradio et on s'évadait, direction le Brésil, l'Afrique, la Négritude! Je me souviens très bien de cette émotion intense quand j'écoutais les paroles des chansons (que je comprenais, c'est important de le signaler), quand j'entendais la polyrythmie des tambours! C'était en 1996 et, alors que je venais à peine de découvrir le samba de Rio, paf, je me prenais une bonne gifle avec le samba reggae d'Olodum!

J'ai écouté pendant de longues années la musique d'Olodum : je n'aimais pas tout, je n'aimais pas trop leur musique de variétés, moi j'aimais le roots, l'ancestral, les rythmes directement inspirés d'Afrique, les chansons vindicatives et contestataires, celles qui parlaient de liberté, de justice, d'égalité.

En 2001, mon voyage à Salvador était concrètement orienté vers Olodum : nous voulions, mon chéri et moi, arriver à faire un échange culturel avec ce groupe. Nous avons rencontré Cristina Rodrigues, l'administratrice, nous avons beaucoup discuté avec les musiciens, nous avons assisté à je ne sais combien de répétitions et de concerts, c'était vraiment très prenant. Notre projet a capoté car le groupe connaissait alors quelques problèmes en interne, dûs, en partie, à leur succès. Qu'importe, toutes ces rencontres ont été incroyablement enrichissantes.

Car, même si nous le savions déjà, nous avons touché du doigt l'importance sociale de ce groupe de musique au sein de la ville de Salvador. Nous avons pu constater par nous-mêmes le résultat de toutes leurs actions socio-culturelles :
  • revendication de la culture noire (en réponse à l'oppression perpétuée par la société blanche brésilienne) ;
  • travail avec la population noire des favelas ;
  • professionnalisation des musiciens (pour schématiser, le groupe d'Olodum est constitué de musiciens noirs "repêchés" dans les favelas avant qu'ils ne se transforment en délinquants) ;
  • scolarisation et éducation des enfants au sein de l'école Olodum qui, en plus d'enseigner la musique, propose également des cours de civisme, d'histoire;
  • sans compter l'importance du groupe pour l'activité touristique de la ville de Salvador, générant ainsi des emplois et des richesses ;
  • et j'en oublie certainement...
Autant d'idées que l'on pourrait tout à fait importer en France et mettre en pratique dans les quartiers les plus difficiles... Mais la tâche est ardue...

Voilà, Olodum et moi, c'est une longue histoire, et même si j'écoute moins cette musique depuis quelques années, cela éveille toujours en moi beaucoup d'émotion!